Le coaching, un métier de l'accompagnement
Publié le 16 septembre 2022
De la logique de prise en charge à la prise en main de soi : ce que signifie vraiment accompagner, selon Maela Paul.
De la logique de prise en charge à la prise en main de soi : ce que signifie vraiment accompagner.
L'accompagnement est un phénomène social très présent depuis les années 90-2000, dans tous les secteurs : travail social, insertion, éducation… mais aussi dans le domaine économique, où il prend plusieurs formes — mentorat, tutorat ou coaching.
Les crises successives ont déposé de nouvelles problématiques sociales. À l'heure où les moments de retour sur soi proposés par les religions trouvent moins d'adeptes et où le cercle familial est protéiforme, il reste la nécessité pour chaque individu de se recentrer, de trouver un espace d'écoute. En entreprise, de nouveaux besoins de coordination et de coopération se posent : l'injonction d'être autonome, en responsabilité, force de propositions, devient une compétence recherchée — et à acquérir.
L'autonomie, nouvelle norme d'intégration
Comme le développe Maela Paul, docteure en sciences de l'éducation, l'autonomie est devenue une nouvelle norme d'intégration. Autrefois réservée à quelques élites, elle est aujourd'hui une obligation pour tous. Tout individu en difficulté ou en transition recherche ce nouveau savoir.
Travailler sur la personne comme le fait un formateur ne suffit plus : il s'agit de travailler avec la personne. La posture du formateur se double de celle d'accompagnant.
De la prise en charge à la prise en main de soi
C'est un véritable travail pour les personnes qui choisissent de se faire accompagner : l'accompagnant ne trouve pas les solutions à leur place. Le professionnel, l'expert, sort de sa posture de sachant et amène la personne à se confronter à ses doutes, à s'interroger sur ses valeurs, sur le sens.
Les effets attendus sont doubles : un effet d'ordre productif et un effet constructif, de développement de la personne.
« Dire et s'entendre dire »
Le coaching est une forme d'accompagnement centrée sur la personne et sur la relation. L'axe du processus est de « dire et s'entendre dire » — c'est le premier pouvoir pris sur la situation (Maela Paul, 2004). Le coaché devient capable de donner une signification à ce qu'il vit, de dire où il en est, qui il est et vers où il veut aller. C'est en mettant en récit ce qu'il vit qu'il assumera sa singularité et sa différence.
La posture d'accompagnement
Accueillir, être présent à l'autre tel qu'il est : accueillir jusqu'à recueillir (Maela Paul, 2004). François Délivré, consultant en organisation et relations humaines spécialisé en coaching, livre sa définition : « l'art d'accompagner une personne à trouver ses propres solutions », tel un accoucheur — car la personne ne sait pas qu'elle sait.
Cette ouverture à l'autre nécessite une posture de non-sachant : elle s'exerce dans l'écoute et le questionnement, s'amplifie par la bonne distance tout en étant impliquée.
Accompagner, c'est valoriser, soutenir, protéger — et non assister. C'est se tenir avec, être présent, contrairement à penser, dire et faire à la place. C'est questionner sur ce qui est dit, guider au lieu d'imposer une direction.
Un métier désormais à toutes les strates du management
Longtemps réservé aux dirigeants, le coaching s'adresse aujourd'hui à toutes les strates du management. Là où être coaché pouvait être perçu comme l'aveu d'une faiblesse, ce n'est plus le cas : les jeunes générations ont bien compris l'intérêt de cet accompagnement et en sont demandeuses — plus de mentoring et de coaching que de relations formelles avec leurs supérieurs.
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